ASDIF - Association pour un Développement des Initiatives Féminines

  • Près de la Mairie
    10 BP 660
    Cotonou
    Bénin
  • (229) 45 99 02
  • ong_asdif@yahoo.fr
  • Dernière rencontre : Avril 2004

Cornellie Ayité et deux de ses collaborateurs

     A peine arrivées à Cotonou, début avril 2004, nous avons rencontré Mme Cornellie Ayité, directrice exécutive de l'ONG AsDIF, accompagnée de Marcos, le chargé de communication, d'Armand Sossou et de Benoît Amétonou, deux collaborateurs.

     Cette ONG, créée en 2000 mais enregistrée en 2003, a pour objectif de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des femmes. Aujourd'hui, l'association a défini les domaines dans lesquels elle souhaite agir et les groupements de femmes avec lesquels elle désire travailler, mais n'a encore pu réaliser aucun de ses projets, faute de financements.

Une réponse à la marginalisation des femmes

     Avant de fonder AsDIF, sa directrice, Cornellie Ayité, travaillait pour un projet Eau et Assainissement belge ainsi que pour un projet danois de soutien aux AGR. Or, lorsque ces projets ont pris fin, elle a réalisé que les groupements de femmes qui en faisaient partie avaient toujours besoin de soutien, étaient toujours en difficulté. C'est pourquoi elle a décidé de s'investir dans sa propre ONG.
En outre, les membres d'AsDIF considèrent que les femmes sont peu instruites et très marginalisées, que leur place dans l'économie est réduite car elles sont toujours dominées par les hommes. C'est pourquoi l'ONG souhaite organiser des sensibilisations également auprès des hommes, pour qu'ils comprennent que « quand la femme participe a des activités, cela permet un épanouissement de toute la famille ». De même, il s'agit de leur faire comprendre qu'une femme instruite éduquera mieux ses enfants, ce qui est nécessaire pour le développement du pays. Pour convaincre les hommes de changer de comportement face aux femmes, les membres de l'ONG s'appuient sur des exemples de femmes intellectuelles, de femmes politiques… et, parfois, proposent aux hommes de tenter l'expérience pendant quelques mois, afin de voir les changements qu'introduirait dans la famille une femme ayant plus de libertés.

Intervenir dans plusieurs domaines

  • Appui aux AGR, via l'alphabétisation, l'éducation, l'appui aux institutions de base (construction d'ateliers, de magasins, de voies vers le marché…)
  • Santé (hygiène, IST, sida…)
  • Eau et assainissement
  • Lutte contre le phénomène de vidomégon qui consiste à placer un enfant dans une autre famille. Il est alors généralement employé comme domestique et n'est donc pas scolarisé. Ce sont principalement les jeunes filles rurales qui sont victimes de ce phénomène.
  • Promotion de la jeunesse

Activités prévues : appui technique et aide à la gestion

     L'ONG privilégie actuellement « le volet installation et équipement », ce qui signifie qu'elle est en train d'aménager son siège. Le Président d'honneur a en effet offert un local à l'association où quelques travaux restent à effectuer.

     La directrice nous donne l'exemple d'un groupement de femmes dont l'activité est de transformer le manioc en gari. L'ONG commence par aider le groupement à dresser son compte d'exploitation afin de savoir si l'activité est rentable. Ensuite, elle suit toutes les opérations de production du gari jusqu'à la vente finale. Enfin, elle dresse avec le groupement le nouveau compte d'exploitation, afin d'améliorer si possible sa rentabilité.
Par ailleurs, AsDIF aide les groupements à rédiger leurs statuts, à élaborer des micro-projets et à obtenir des financements auprès d'institutions de micro-finance.
L'ONG souhaiterait pouvoir fournir des ustensiles aux groupements et alphabétiser au moins les présidentes, secrétaires générales et trésorières de chaque groupement.

Fonctionnement

     Tous les membres de l'association sont bénévoles et versent des souscriptions volontaires. Le bureau est composé de cinq personnes, et le Conseil d'Administration compte trois personnes supplémentaires. Pour le moment, les seules ressources de l'organisation sont les cotisations, souscriptions et autres dons, mais elle est actuellement en recherche de partenariats techniques et financiers. Lorsque Cornellie Ayité s'est adressée à M. Rémi Ahonon, lieutenant des douanes, celui-ci s'est engagé à soutenir son association. Il a ainsi fourni une parcelle sur laquelle l'ONG est en train de construire son siège. Aujourd'hui, Rémi Ahonon est le président d'honneur de l'association.

     L'ONG a choisi de travailler avec 29 groupements, situés dans trois régions du Bénin (Comé, Athiémé, Grand-Popo), ainsi qu'avec un groupement actuellement en cours de restructuration dans le 12 ème arrondissement de Cotonou. Pour sélectionner ces groupements, l'ONG a d'abord choisi les villages les plus pauvres des régions cibles, qui n'ont généralement pas d'eau courante, pas d'école, pas de route… Puis, dans chaque village, des membres d'AsDIF ont rencontré le chef du village et recensé tous les groupements de femmes, identifiant leurs actions. Les groupements les plus actifs ont alors été sélectionnés.

« Les hommes minimisent souvent le rôle de la femme », Rémi Ahonon

     Nous avons rencontré M. Ahonon dans son bureau des douanes au parc d'automobiles d'occasion de l'est de Cotonou. Sans connaître Cornellie mais convaincu par la force de ses arguments, ce lieutenant douanier a placé sa confiance dans le projet qu'elle initiait. Il affirme avoir envie « de voir la femme s'épanouir, prendre des initiatives et aider les femmes. » Il a parcouru de nombreuses régions du Bénin, a pu observer la « misère à grande échelle » et la souffrance des gens et s'est rendu compte que la femme a à sa charge la plus grande partie des activités laborieuses : « si on voit un point d'eau et un chemin qui y mène, on verra toujours une femme sur ce chemin ». Il considère que les hommes comme lui qui ont compris cela ne sont guère nombreux. C'est pourquoi il trouve qu'il faut aussi « sensibiliser les hommes pour qu'ils prennent conscience du rôle de la femme ».

Cette page a été réalisée par les membres de l'association Courants de Femmes.