Doom'kpa - ONG Pour l'éveil de la femme et l'épanouissement de la famille

  • Quartier Madiva
    Parakou
    Bénin
  • (229) 66 18 25 10
    (229) 95 40 32 57
    (229) 97 57 73 06
  • Doomkpa2000@yahoo.fr
  • Dernière rencontre : Janvier 2012

     Nous avons rencontré pour la première fois la présidente de Doom'kpa, madame Salamatou Kora PONOU, dans son bureau du ministère de la Décentralisation à Cotonou, en décembre 2011.
Un peu plus d'un mois plus tard, nous nous sommes rendu à Parakou afin de rencontrer les membres de l'association, ainsi que les bénéficiaires. Nous avons été accueillies par la trésorière, Me. Koda HAWAOU et M. Sacca KORA CHABI, chargé de programme.

     Originaires de Parakou, troisième ville du Bénin, les membres fondateurs de Doom'kpa, dont fait partie Me. Ponou, ont mutualisé leurs actions en 1999 pour venir en aide aux jeunes filles déscolarisées dont la proportion était bien supérieure à celle des garçons. Elle nous a expliqué que même depuis le programme «  Toutes les filles à l'école  » mis en place par le gouvernement du Docteur Yayi BONI qui prévoit la gratuité de l'éducation dans le secondaire exclusivement pour les filles, l'éducation des garçons reste privilégiée, les filles étant appelées à quitter le foyer familial à terme quand les garçons se chargeront d'entretenir la famille.

     Aujourd'hui dotée de 17 membres, l'association a débuté ses actions grâce au financement des membres initiaux, d'un sympathisant allemand, de cadres de Parakou et des autorités locales (mais «  des sommes modiques  »). Partant du constat que malgré un nombre important d'inscriptions, les filles étaient peu présentes à la fin de l'année scolaire et nettement moins diplômées que les garçons du même âge, les membres de Doom'kpa ont poursuivi des actions de soutien sur quatre volets différents.

Des formations pour les filles déscolarisées

     Des cycles de professionnalisation pour les filles ayant abandonné leurs études furent mis en place à travers des ateliers de couture, tricot et coiffure. L'association a investit dans un local, du matériel et embauché des matrones pour diriger les travaux des jeunes filles, chargées ensuite de vendre leurs productions sur les marchés locaux. Chaque atelier comprend 36 bénéficiaires, sauf l'année 2010 qui n'a formé que 21 filles par section. A l'heure actuelle, l'association est confrontée au manque de financements qui l'empêche de renouveler son matériel vieillissant et de payer les matrones.

Aider les filles à rester à l'école

     Dans un second temps, un soutient scolaire pour les jeunes filles en difficulté a été instauré sous la forme de travaux dirigés en mathématiques, anglais et dictée. Mme Ponou estime que cette activité «  marche et que les résultats sont satisfaisants  », et ce n'est pas moins de 860 filles qui sont aidées chaque année.
Aujourd'hui, l'association constate avec plaisir que les filles sont majoritaires sur les bancs des écoles de Parakou.

Contribuer à la connaissance des droits des enfants

     Dans un troisième temps, Doom'kpa milite pour les droits de l'enfant en orchestrant des campagnes de sensibilisation dans les écoles, en partenariat avec l'UNICEF et le Réseau Education Droits de l'Enfant basé à Dakar, au Sénégal. Salamatou Ponou raconte fièrement que dans certaines écoles test, les élèves peuvent réciter les dix droits de l'enfant par cœur. En parallèle, les jeunes filles sont sensibilisées aux conséquences et aux outils de lutte contre le harcèlement sexuel. La lutte contre le travail des enfants, interdit au Bénin avant l'âge de 4 ans, mobilise particulièrement les membres de Doom'kpa.

     A Parakou, nous visionnons un sketch, tourné et réalisé par les membres de Doom'kpa dans un collège, mettant en scène les dangers d'une grossesse prématurée et les conséquences pour les jeunes parents. Domm'kpa se félicite qu'une loi ait été votée récemment, interdisant aux jeunes futurs pères de se rendre à l'école si la grossesse de leur compagne ne permettait pas à cette dernière de s'y rendre. Le but est de sensibiliser les garçons aux inconvénients qu'une grossesse provoque lorsqu'elle arrive pendant la scolarité.

Augmenter la proportion de femmes dans les instances décisionnelles

     Enfin, l'association milite aux cotés de RIFONGA pour l'augmentation du nombre de femmes dans les instances décisionnelles. Les leaders d'opinions sont ciblées et sensibilisées à des thématiques telles que la prise de décision, le processus électoral ou encore le déroulement d'une campagne. Ainsi en mars 2009 trente trois femmes furent élues à Parakou pour huit cent hommes et quatre conseillères municipales siègent désormais. Elles étaient plus de 800 à se présenter et Mme Ponou pense qu'elles seront beaucoup plus à déposer leur candidature lors des prochaines élections. A titre personnel et de part sa fonction, elle a formé les 33 élues de Parakou sur les enjeux de la décentralisation et les textes de loi qui s'y appliquent.

     Dans le futur, Doom'kpa pense intensifier ses actions de soutient scolaire et de les étendre à deux autres arrondissements de Parakou. L'idée serait alors de créer des ateliers relais, tenus par d'anciennes bénéficiaires qui viennent aider à leur tour leurs cadettes en situation d'échec scolaire.
Actuellement, un atelier de confection de bijoux se forme afin de diversifier les activités proposées aux bénéficiaires. En plus de soutiens financiers, Doom'kpa souhaiterais bénéficier de formations dans les domaines de la couture, de la coiffure et de la création de bijoux.

Cette page a été réalisée par les membres de l'association Courants de Femmes.