Survie de la mère et de l'enfant

Bernard Gnantonnou

     Nous avons rencontré Bernard Gnantonnou lors d'un de ses courts séjours à Cotonou. Il nous a présenté les activités de son organisation, l'une des premières structures béninoises à œuvrer dans le domaine de la sensibilisation à la santé de la reproduction.
C'est ce thème qui intéressait particulièrement le fondateur de l'ONG. Son engagement est né un soir de 1989. Dans un village, entendant des pleurs, il apprit qu'une femme venait de mourir en accouchant. Pourquoi cette femme n'a-t-elle pas été emmenée au centre de santé, alors que le travail durait depuis trois jours ? Parce que, lui a-t-on dit, elle avait déjà eu cinq enfants chez elle, et il n'y avait pas de raison pour qu'il y ait cette fois-ci des problèmes.
C'est à partir de là que Bernard et sa femme décidèrent de sensibiliser ces populations à la nécessité de se rendre dans un centre de santé pour accoucher en leur expliquant les risques inhérents à l'accouchement à domicile, aussi bien pour la mère que pour l'enfant.
C'est ainsi que tous les dimanches, le couple s'est rendu dans le village de Dassa et aux alentours afin de sensibiliser toutes les femmes. Son initiative a été saluée par de nombreux responsables locaux : le médecin-chef de l'hôpital de Dassa, le sous-préfet de la région, les représentants de l'UNICEF et de l'OMS au Bénin…

     
L'organisation créée par M. Grantonou et sa femme s'est peu à peu développée et a été reconnue officiellement en tant qu'association en 1990. Elle a été sélectionnée par un programme de l'USAID qui a formé ses membres en management d'associations et en gestion.
Un autre projet en partenariat avec la Banque Mondiale leur a permis d'obtenir un local, ainsi que du matériel.

     Depuis 1994, plusieurs programmes de travail ont été mis en place :

Programme de santé et de nutrition (activités préventives, curatives et promotionnelles)

     Les principaux thèmes abordés sont la maternité à moindre risque, la planification familiale, les soins de santé primaires et la lutte contre le paludisme et les IST/Sida.
Des activités de « récupération » et d'éducation nutritionnelle ont également été entreprises : il s'agissait de définir les apports nutritionnels minimums pour une femme enceinte, pour une femme qui allaite, pour des enfants en bas âge…

     L'UNFPA a financé le volet « planification familiale » de ce programme et a commandé à l'association une étude sur l'impact de la planification familiale sur les femmes, ainsi que la manière dont elle est perçue par les hommes.

Programme de promotion de la démocratie et des droits de la personne humaine, des femmes et des enfants en particulier

     L'association organise de nombreuses sensibilisations et conférences sur la promotion de la démocratie et sensibilise les populations aux droits de la femme et des enfants. Elle travaille également sur le concept « Genre et Développement ».

Programme de microfinance

     Survie de la Mère et de l'Enfant accorde des petits crédits aux femmes, les forme à l'entrepreneuriat et à la gestion de crédits. Ainsi, l'association accorde des crédits aux femmes qui exercent des activités génératrices de revenus (AGR). C'est à ce titre que le Rotary de Lille lui a accordé un prix pour lui permettre d'augmenter ses fonds propres et ainsi de pouvoir ainsi prêter de l'argent à un plus grand nombre de femmes.

     Aujourd'hui, 28 permanents sont salariés par l'association. En outre, ce projet qui ne concernait au départ que la commune de Dassa touche désormais plus de quatre départements (soit environ 28 communes).

Des projets à long terme

     L'association souhaite intensifier sa politique de vulgarisation des droits de la femme. Depuis sa création, le nombre de femmes candidates aux élections dans la région de Dassa est en constante augmentation. L'un des projets de l'association intitulé « un maire – une mère » et qui a pour but d'obtenir la parité, a participé à cette prise de conscience des femmes de l'importance de leur participation à la vie politique.

     Le développement de la microfinance est également une de leurs priorités. Au delà du volet AGR, ces petits crédits permettent parfois aux femmes d'acheter des contraceptifs ou encore d'envoyer leurs enfants à l'école. Le taux d'intérêt pratiqué par l'association est de 10%.

Cette page a été réalisée par les membres de l'association Courants de Femmes.