AED - Association Espoir pour Demain

     « L'homme n'est jamais si grand que lorsqu'il se penche pour aider un enfant. »

Les origines d'un engagement au sein d'AED

Le secrétaire général, son adjoint et une membre de l'association.

     Lors de notre rencontre en mars 2004, Mme Christine Kafondo , vice-présidente jeune et combative, co-fondatrice de l'Association Espoir pour Demain (AED), nous a livré les raisons de son engagement et expliqué le travail quotidien de l'association. Elle a quitté son poste d'éducatrice pré-scolaire après avoir découvert sa séropositivité, pour devenir membre fondatrice de l'association REVS+ (Responsabilité, Espoir, Vie et Solidarité) où elle a travaillé pendant des années à la prise en charge des personnes séropositives. L'association s'est développée, a diversifié ses activités et étendu largement son public-cible. Puis, Mme Kafondo a décidé de quitter REVS+ afin de pouvoir se consacrer, au sein d'AED, aux femmes enceintes et surtout aux enfants atteints du VIH, souvent délaissés par les structures d'accompagnement pour personnes séropositives.
Lorsque nous avons recontacté l'association en août 2007, Mme Kafondo en était devenue la présidente, et nous avons été reçues par le secrétaire général et son adjoint, M. Jacques Sanogo et M. Koussoubé Haouna. Lors de notre venue à Bobo Dioulasso en juillet 2008, messieurs Sanogo et Hanoua nous ont donné des nouvelles des activités de l'association, et des projets en cours.

Plusieurs actions pour un accompagnement global des bénéficiaires

Les femmes d'AED se forment à la teinture.

     Espoir pour Demain compte 691 membres (429 adultes et 262 enfants) tous séropositifs, dont la majorité sont des femmes.
L'AED existe depuis 2003, et vise principalement à améliorer les conditions de vie des femmes enceintes et des enfants séropositifs, et à réduire la transmission materno-fétale du VIH/sida.
Espoir Pour Demain s'appuie sur 7 conseillères salariées et 40 volontaires (ces derniers ont une indemnité de motivation).

     L'association ne se contente pas d'essayer de faciliter l'accès aux antirétroviraux , dont le prix reste trop élevé pour la plupart des personnes infectées. Depuis 2005, l'Etat prend en charge gratuitement les antirétroviraux pour les enfants, ce qui a permis à l'association d'affecter ses financements à d'autres domaines. Elle fournit également aux enfants un soutien psychologique et médical en collaboration avec les services de pédiatrie du Centre Hospitalier (CHNSS) de Bobo-Dioulasso et rend visite à domicile aux 185 orphelins affectés par la maladie (de parents morts du sida) soutenus par l'association.
De plus, l'association distribue du lait artificiel pour les enfants âgés de moins de 2 ans de mère infectée à raison de 8 boîtes par mois, afin que le virus ne se transmette pas de la mère à l'enfant par voie d'allaitement. L'AED dispense également des cours de soutien scolaire une à deux fois par semaine aux enfants soutenus par l'association, suivis d'un repas. L'association organise, avec l'appui d'un psychologue, des rencontres avec les mamans afin qu'elles soient en mesure de répondre aux questions de leurs enfants au sujet de la maladie.

     En outre, l'association propose aux femmes membres de se former et de réaliser des Activités Génératrices de Revenus . Ces activités, telles que la teinture, la fabrication de savon liquide et de lait de soja et le jardinage, sont réalisées dans la cour du local loué par l'association.

     L'AED organise par ailleurs des séances d'alphabétisation en dioula et en bambara afin que ces personnes prennent conscience de l'importance des prises de traitement, comprennent le rôle de chaque médicament et l'importance de la notion d'heure. Une bénéficiaire de l'association est devenue formatrice après avoir suivi une formation de formateur à l'alphabétisation. Elle assure donc les séances d'alphabétisation deux fois par semaine.

La nécessité d'accompagner le dépistage et le vécu de la séropositivité

     L'association met l'accent sur l'accompagnement autour du test de dépistage. Pour cela, elle assure des permanences toute la journée au siège de l'association. Des intervenants donnent, tous les matins, des consultations gratuites dans différents services du centre hospitalier de Bobo-Dioulasso (7 lieux) : médecine, pédiatrie, santé maternelle infantile. Ils incitent les femmes à se faire dépister et, lorsque le test se révèle positif, les aident à convaincre leur mari de faire le test avec elle. Parmi les couples séropositifs, il arrive souvent que la femme, lorsqu'elle est dépistée la première, soit accusée d'avoir transmis le virus à son mari. Pour éviter que cela ne se produise, les conseillers suggèrent aux époux de faire le test ensemble, comme si la séropositivité de la femme n'était pas déjà connue. Les intervenants assurent également un soutien psychologique après le test.
Tous les intervenants sont séropositifs et, selon M. Sanogo, ceci permet notamment aux personnes infectées de constater que l'on peut être séropositif tout en restant en bonne santé et en menant une vie "normale".

     L'AED organise tous les week-ends des groupes de parole entre les femmes pour les aider à résoudre les problèmes qui surviennent dans leur foyer ou dans leur entourage, et des groupes d'observance afin de discuter du traitement. L'association a également mis en place des groupes de parole pour les enfants afin qu'ils se familiarisent avec la maladie. L'association sensibilise aussi les tuteurs des orphelins sur les modes de transmission de la maladie pour qu'ils n'isolent pas l'enfant au sein de la famille. Plus généralement, M. Sanogo remarque un changement des comportements vis-à-vis du sida, les séropositifs sont plus visibles et mieux acceptés par la société.

     Les responsables de l'association regrettent que les hommes aient plus de difficultés à avouer leur séropositivité, ce qui implique que leur maladie soit souvent à un stade assez avancé lorsqu'ils se présentent à l'hôpital. Ils sont également plus réticents que les femmes à accepter un test de dépistage.

L'engagement des partenaires auprès d'AED

     L'association Espoir Pour Demain est soutenue par :

  • PAMAC, Programme d'appui au monde associatif communautaire.
  • SPCLS/IST, Secrétariat permanent du comité national de lutte contre le sida et les IST.
  • UNICEF.
  • Laboratoire BMS dans le cadre du programme "sécuriser le futur".
  • Fonds des ambassadeurs pour l'Afrique de l'Ouest de l'USAID (Agence américaine pour le développement international).
  • Fondation GSK.
  • Financement BIPAI de la Fondation Glaxo Smith Kline.
  • Organisation MAIA France.
  • Association APEL France.
  • Association Les amis de Belgique.

     L'AED bénéficie également de dons privés, et fait payer l'adhésion 1 000 F CFA et la cotisation annuelle 1 500 F CFA.

Les voeux pour le futur

     L'association souhaite avoir son propre local pour mener à bien ses activtés. En effet, elle loue son siège depuis sa création et la petite surface qu'elle occupe l'empêche parfois d' effectuer certains projets, comme notamment le soutien scolaire des enfants qui se fait sous les arbres de la cour. Cette activité, comme tant d'autres, n'est pas menée quand la pluie tombe.
L'association aimerait également avoir plus de medecins vacataires pour le suivi des malades et pour diversifier ses champs d'action.
Enfin, l'AED aimerait disposer d'un minicar pour pouvoir conduire les enfants lors d'activités à l'extérieur.

Cette page a été réalisée par les membres de l'association Courants de Femmes.