L'Association des Femmes Burkinabé de Ouahigouya (AFBO) est présidée depuis peu par Mme Madina. En compagnie de Mme Touré Fatimata, gestionnaire et secrétaire générale de l'association, et de Mme Cissé Sakétou, vice-présidente, elle nous a reçues avec peu d'enthousiasme à la Maison de la Femme, siège social de l'association, dans une grande salle qui fait office de salle de réunion et de lieu de formation. C'est également dans ce local, construit grâce au soutien de la Coopération suisse, que sont exposés et vendus les batiks, les bijoux, les tissus... tous les produits réalisés par les membres de l'association. Derrière les femmes, l'organigramme de l'association présente toutes leurs activités et des affiches exposent les devises et principes de l'association.
Créée en mars 1977 à l'initiative de trois institutrices (Madeleine BARRY, Maïmouna TRAOET et Fanta OUEDRAOGO), l'AFBO compte aujourd'hui plus de 3200 adhérents et environ 500 sympathisants. Le bureau exécutif compte une quinzaine de membres et le secrétariat permanent cinq. Dès le début, l'association a bénéficié d'un partenariat avec le Groupement des Femmes de Vence, dans le cadre d'un jumelage Vence-Ouahigouya.
L'idée de base était de réduire le taux d'analphabétisme chez les femmes afin de faciliter et de renforcer leur accès à l'information, et ainsi d'améliorer leurs conditions de vie et de « promouvoir leur épanouissement ». L'AFBO se dit donc être « une association de femmes qui oeuvrent pour leur propre développement ».
L'AFBO intervient dans la région du Yatenga et du Zondoma et fait de l'éducation des jeunes filles et des femmes sa priorité.
Ses objectifs premiers sont l'auto-promotion de la femme et de la jeune fille et la recherche du mieux-être social de la femme.
L'AFBO compte 18 groupements de femmes. Elle fonctionne grâce aux cotisations de ses membres, à la vente des produits qu'elle réalise (batik, arachide caramélisée, bijoux, sculptures, nappes, vêtements, paniers...), aux revenus du restaurant, et surtout grâce à des dons et subventions (Coopération suisse, association Chambéry-Ouahigouya, Groupement des Femmes de Vence-Ouahigouya...).
Pour les femmes du bureau de l'AFBO, « tout est à la charge des femmes », et notamment l'éducation et l'alimentation des enfants. Elles estiment que « les hommes participent moins. » Mais depuis la création de l'association, elles peuvent observer des changements dans les comportements et les mentalités. La nouvelle génération de femmes a davantage conscience des dangers et des difficultés des grossesses à répétition. S'il était difficile, au début, de faire passer un message sur la planification familiale et la limitation du nombre d'enfants par femme, il semble qu'aujourd'hui, hommes et femmes réalisent l'intérêt des méthodes contraceptives pour améliorer les conditions de vie de tous.