Djiggi Tougou - « Comblé d'Espoir »

  • Mme Cissé Sira Diakité
    Enseignante au lycée HID Sévaré
    Sévaré - Région de Mopti
    Mali
  • (223) 242 00 01
    (223) 639 95 53
  • Dernière rencontre : Février 2004

Mme Cissé, présidente de Djiggi Tougou

     Mme Cissé, présidente de l'association Djiggi Tougou, enseigne l'économie familiale au lycée de Sévaré. En février 2004, elle nous a reçues dans la cour de sa concession, en compagnie de quatre autres membres de son association créée en 1995.
Djiggi Tougou a pour objectifs principaux de promouvoir le rôle de la femme dans la société malienne, de lutter contre la pauvreté et de participer au développement du pays.

     Cette association est dite « multifonctionnelle » puisqu'elle aborde de nombreux domaines :

L'Enfant

La farine infantile produite par Djiggi Tougou

     De nombreux enfants maliens présentent des carences en protéines. L'association française MISOLA, consciente du problème, s'est spécialisée dans la fabrication de farines infantiles à base de soja, d'arachide et de mil qui fournissent un complément protéinique.

     Djiggi Tougou s'est associée au projet en devenant une de leurs unités de production. Les membres de l'association ont donc suivi une formation dispensée par MISOLA et produisent, depuis quelques années, de la farine infantile que l'association commercialise. Ce produit est vendu à 300 F CFA dans la plupart des pharmacies, alors que le prix des autres farines protéinées varie de 1000 à 1500 F CFA.

     C'est l'association MISOLA qui, après la formation, a fourni aux membres de Djiggi Tougou le petit matériel nécessaire au développement de l'activité. Aujourd'hui, plus de cinq tonnes de farine sont produites par mois. Toutes les femmes de l'association se réunissent pour la fabrication, et elles cherchent même de nouveaux membres pour pouvoir augmenter la production.
Les bénéfices des ventes reviennent en partie aux femmes qui ont assuré la production. Le reste de l'argent alimente la caisse de l'association, destinée à financer le renouvellement du matériel et l'achat de nivaquine pour les enfants atteints de paludisme.

La malnutrition dont souffrent les mendiants

     Au Mali, de nombreux enfants sont envoyés par leur famille chez un marabout pour y apprendre les préceptes de l'islam. Pour certaines familles, la souffrance endurée par l'enfant dans ces années d'instruction doit pouvoir rapprocher la famille entière du divin. Mais pour d'autres familles qui ne peuvent assurer la subsistance de leur enfant, le confier à un marabout leur semble être l'unique solution. Les marabouts sont donc souvent responsables de l'éducation de plus d'une vingtaine d'enfants (parfois plus de soixante) dont ils ne peuvent eux non plus assurer la subsistance. Les enfants sont donc contraints de mendier et de vivre de la charité des gens du quartier. Il arrive que des dérives aient lieu et que certains marabouts exigent que les enfants leur ramènent aussi à manger et de l'argent.

     Djiggi Tougou souhaite venir en aide à ses enfants et c'est pourquoi l'association utilise une partie de ses fonds pour leur offrir de la nivaquine et leur acheter des vêtements. Par ailleurs, elle leur donne aussi une partie de sa production de farine infantile pour tenter de pallier leurs carences nutritionnelles.

     Un projet de centre d'accueil qui assurerait l'alphabétisation et l'alimentation des enfants mendiants est également à l'étude, mais l'association ne dispose pas encore des moyens nécessaires à la réalisation de ce projet.

L'encadrement et la sensibilisation des jeunes filles

     Des sensibilisations au VIH/SIDA sont mises en place auprès des jeunes Maliennes, notamment grâce à des cassettes vidéo, des causeries-débats dans les quartiers… Les femmes de l'association ont également mené des sessions de sensibilisation aux maladies infantiles auprès de groupements de femmes.

Le maraîchage et l'élevage

     L'association possède un terrain à proximité de Sévaré (offert par le chef du village) où chaque membre de l'association cultive une parcelle. Mais le manque d'eau ne permet pas de l'exploiter à son maximum. Le forage d'un puits a été financé par l'ambassade des Etats-Unis, mais la pompe qui sert à puiser l'eau est en panne. L'association aimerait acheter une pompe à pédales, qu'il n'est pas nécessaire de sortir du puits après chaque utilisation. Le problème d'eau ne se pose néanmoins pas pendant l'hivernage puisque la pluie suffit à l'irrigation.

     Un poulailler a également été mis en place par l'association, et les revenus issus de la vente des volailles sont reversés dans la caisse commune.

La banque de céréales

     L'association possède une boutique qui lui permet de stocker le mil lorsque, abondant, son prix est très bas. Il est revendu plus tard, en saison sèche, lorsque la demande excède la production, à un prix raisonnable par rapport à celui pratiqué sur le marché. Cela permet à l'association de remplir un de ses objectifs sociaux en aidant les familles démunies à s'approvisionner et parallèlement d'engranger de petits bénéfices nécessaires au développement des autres activités.

Cette page a été réalisée par les membres de l'association Courants de Femmes.