DEFI - Développement par l'Education, la Formation et l'Insertion

  • BP 19255
    Commune de Guédiawaye
    En face de la caisse de sécurité sociale, pas très loin de poste
  • (221) 33 635 6845
    (221) 33 837 4089
  • ongdefi@yahoo.fr
  • Dernière rencontre : Juillet 2009

     « Vous éduquez un homme vous éduquez un individu, vous éduquez une femme vous éduquez une nation. »
Ibn Badis

     En 2003, nous nous sommes rendues à Guédiawaye à deux reprises et avons été reçues par M. Ibrahima Lo, président de l'ONG DEFI. Peu à peu de nombreuses femmes se sont rassemblées autour de nous, ainsi qu'un notable du quartier, et d'autres membres de l'organisation. Plusieurs personnes prirent la parole à tour de rôle pour exposer les attentes et les possibilités à envisager dans le cadre d'un partenariat entre nos deux associations. Un des membres de l'association traduisait du wolof en français et vice-versa. On peut dire que les membres de cette organisation maîtrisent parfaitement l'art de la palabre.

     En 2009, nous sommes retournées les voir à Guédiawaye à trois reprises, pour les rencontrer, pour assister à un cours d'alphabétisation de femmes en wolof, et pour assister au lancement d'un programme de lutte contre les migrations clandestines.

Date de création

     L'association a été créée en 1993 puis elle a été officialisée le 28 janvier 1994 et reconnue Organisation Non Gouvernementale en 1997. Le petit bureau de l'association est basé dans la commune de Guédiawaye, à Médina Gounass, banlieue de Dakar qui lutte contre des inondations cycliques et des problèmes d'insalubrité. Depuis 2003, le bureau de l'association, à Medina Gounass, s'est déplacé de quelques mètres à cause des inondations chroniques.

Structure de l'association

     Le DEFI dispose de cellules régionales sur 10 des 14 régions du nouveau découpage administratif du Sénégal : il est présent dans les régions de Dakar, Thiès, Kaolack, Fatick, Diourbel, Louga, Matam, Saint-Louis, Ziguinchor, et Kafrin. Chacune de ces cellules se divise en de nombreuses sous-cellules, répondant chacune à des besoins spécifiques. En outre, l'association a des partenaires à Kolda, qui lui assurent une bonne présence sur la région.

     Dispersés dans le pays, les membres sont environ 15000, fournissant ainsi une part consistante du financement de l'association, qui dispose néanmoins d'autres sources de revenus, grâce à des programmes financés par diverses collectivités.

Objectifs

     DEFI entend « mettre l'expertise et l'expérience de ses membres au service du développement du Sénégal, du continent africain et du monde ». L'organisation rassemble en effet des membres aux profils divers : pédagogues, juristes, polytechniciens, traducteurs, évaluateurs de programmes, élaborateurs de programmes d'alphabétisation, formateurs de formateurs, éducateurs spécialisés, spécialistes de la santé, économistes, consultants en éducation formelle et non formelle, artistes, andragogues.

Partenariats et financements

     Les fonds de l'ONG sont essentiellement issus de la vente des cartes de membres et d'institutions financières comme le Crédit Mutuel. DEFI collabore avec les collectivités locales, les ONG et associations qui agissent dans le même sens (ONG VECO en Belgique, CONGAD, SWAA), les ambassades, mais aussi l'AFD.

Moyens d'action

Au niveau national

     A l'image de ses membres, DEFI agit dans différents domaines :

  • Eradication de l'analphabétisme et du chômage chez les femmes adultes (de 19 à 50 ans) : à Louga, 20 classes d'alphabétisation forment près de 600 femmes, Ginaolaye (1200 femmes), financé par la Banque Mondiale. Les membres de l'ONG sont également en train de développer des activités génératrices de revenus pour les plus démunis par une alphabétisation fonctionnelle.
  • Ecoles communautaires de base. Contribution à la promotion des langues régionales, programme adressé aux jeunes filles de 9 à 14 ans. Moyens financiers donnés aux jeunes pour favoriser leur insertion sociale.
  • Financement de micro-projets individuels et collectifs (épargne-crédit)
  • Prévention de l'environnement (reboisement de la région de Sing-Sing)
  • Lutte contre les MST, les drogues…
  • Appui technique : animation de séminaires d'évaluation de projets de développement, réalisation et traduction de manuels didactiques en langues nationales et de documents sur les politiques de décentralisation et de régionalisation.
  • Sensibilisation et conscientisation sur le civisme.

Au niveau du quartier de Médina Gounass

     A Médina Gounass, 50.000 personnes vivent dans des conditions sanitaires très pénibles. La saison des pluies provoque chaque année des inondations et trois mois après la fin de l'hivernage, l'eau stagne toujours dans les maisons. M. Lo nous a fait visiter le quartier pour nous montrer l'état de détérioration des bâtiments. Les fenêtres ont du être rehaussées pour éviter la montée des eaux et souvent, les familles n'ont d'autre choix que de quitter leur logement pour trouver un autre toit. Mais connaissant la détresse de ces familles, il arrive que les propriétaires fassent monter les prix des loyers malgré l'absence d'évacuation des ordures et d'aménagement approprié pour assainir les sols, les habitants de Médina Gounass voient se développer les maladies et le paludisme y fait des ravages.

     La principale démarche de DEFI est de trouver des solutions transitoires pour limiter les dégradations provoquées par les inondations et notamment de mettre à la disposition de la population des brouettes, des bottes, des outils d'assainissement, et de faire venir des camions de sable et de gravats. Pour attirer l'attention sur la situation vécue par les habitants de Médina Gounass, DEFI développe un plaidoyer auprès des autorités publiques, des medias et des éventuels bailleurs et espère que des aménagements définitifs pourront être mis en œuvre. Les solutions ponctuelles (gravats, sables) ne réglant pas la situation, un projet de restructuration des projets de développement est en cours de conception conjointement avec l'Agence Française de Développement (atelier pour l'élaboration du plan de plaidoyer).

Quelques réalisations, depuis 2003

Projet de collecte et de gestion des ordures ménagères

     Ce projet, qui a impliqué l'ensemble des couches sociales de Medina Gounass, a nécessité un budget de 52 millions de FCFA, auxquels la Coopération Française a participé à hauteur de 35 millions. Le DEFI a mis à disposition dix charrettes, conduites par des charretiers reconvertis, hommes qui avaient extrait du sable marin ou qui avaient des problèmes de drogue, et qui risquaient d'être envoyés dans des prisons pourtant déjà pleines au delà de leurs capacités. Ce projet, éminemment civique, a été conduit un an, de juin 2007 à juin 2008, dans la commune de Médina Gounass, durée pendant laquelle 45 emplois ont été créés en cette zone qui souffre beaucoup de la pauvreté ; actuellement, il serait question de le reconduire le projet à l'ensemble de Guédiawaye, en partenariat avec les services déconcentrés de l'état et les collectivités locales.

Lutte contre les migrations clandestines

     Lors de notre venue en 2009, nous avons assisté au lancement du dernier des trois programmes de lutte contre les migrations clandestines, organisés par le DEFI. En partenariat avec l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), ce programme a consisté en des campagnes de sensibilisation et d'information adressées aux populations locales ; ce partenariat, au terme des campagnes de novembre 2008 et février 2009, a mené à l'édition d'une convention avec l'OIM. Ces programmes sont aussi l'occasion de générer des emplois temporaires de relais et de superviseurs, lors des visites à domicile, des causeries et des conférences qui ont lieu en ces occasions.

Lutte contre le paludisme

     Celui-ci est un volet mis en œuvre principalement dans la commune de Medina Gounass, touchée par des problèmes d'inondations, plus particulièrement en saison d'hivernage. Avec l'aide de la fondation Youssou N'Dour, le DEFI a pu distribuer 300 moustiquaires imprégnées, en priorité aux femmes et aux enfants, en 2008.
Gestion de l'inondation : Le DEFI travaille à la restructuration de Médina Gounass, seule solution durable contre ce problème saisonnier, étroitement lié à des questions de santé et d'environnement. Le plan est en train de se mettre en place, en partenariat avec le RADI, prévoit le déplacement de certaines habitations et la construction de structures de rétention, avec l'entreprise GECOM.

Gestion des inondations

     Le DEFI travaille à la restructuration de Médina Gounass, seule solution durable contre ce problème saisonnier, étroitement lié à des questions de santé et d'environnement. Le plan qui est en train de se mettre en place, en partenariat avec le RADI, prévoit le déplacement de certaines habitations et la construction de structures de rétention, avec l’entreprise GECOM.

Enfance

     Le DEFI est membre du comité national de l'enfance, rattaché au ministère de la famille, et collabore étroitement avec la direction de la protection des droits de l'enfant. Le DEFI a ainsi été fortement impliqué dans l'organisation de la semaine nationale de l'enfance, en juin 2009, dont il a été l'hôte de la cérémonie de clôture.
Le DEFI mène des campagnes de sensibilisation pour protéger les enfants contre les abus sexuels et les châtiments corporels dont ils sont trop souvent victimes.

Alphabétisation qualifiante

     Depuis juillet 2009, le DEFI supervise à Guediawaye, en partenariat avec l'alliance ICO, trois classes d'alphabétisation qualifiante en langue nationale, qui visent à professionnaliser des femmes de tout âge, que l'analphabétisme handicape au quotidien. Nous avons pu, en juillet 2009, assister à un cours en wolof, à Anglemousse, au sein de deux groupements de femmes réunis en une même classe. 3 secteurs ont été identifiés comme demandeurs, pour une meilleure gestion des revenus : la transformation de fruits et légumes, la teinturerie et fabrication de savons, et l'apprentissage aux femmes en détresse. L'alphabétisation ne prend que 6 mois, mais par souci d'efficacité, et pour assurer un bon suivi de ces femmes, chaque classe dure 3 ans, 3 ans au cours desquels les femmes se réunissent deux fois par semaine pendant trois heures, dans une ambiance décontractée mais sérieuse, et où la motivation est une clef fondamentale de réussite.
Ces cours permettent ensuite aux femmes de mieux gérer leurs activités génératrices de revenus, et les rendent particulièrement conscientes de l'importance de la scolarisation des enfants.

     Le DEFI œuvre également dans les prisons et pour la traduction de textes de loi en langue nationale pour les rendre accessibles aux populations.

     Pour toutes ces actions, le DEFI s'efforce de favoriser le recrutement endogène, dans une optique de lutte contre la pauvreté.

     Lors de notre venue, en 2009, est apparue la possibilité de mettre en place des jumelages ou des correspondances avec des classes en France, possibilité qui a suscité un vif intérêt et beaucoup d'espoir.

     Pour le président de DEFI, il ne s'agit pas seulement de sensibiliser mais d'éradiquer certains maux. L'ONG milite pour un développement durable, tourné vers les femmes, actrices du développement, et cibles privilégiées des formations et des cours d'alphabétisation, en mettant l'accent sur des partenariats de qualité, dynamiques et féconds.

Cette page a été réalisée par les membres de l'association Courants de Femmes.