GIE "Suxalli Jaboot" - Groupement de Femmes "Soutenir la famille"

  • Ouagou Niayes II villa n°304
    Dakar - Sénégal
  • (221) 77 616 42 21
  • Dernière rencontre : Juillet 2009

     Nous avons rencontré pour la première fois, en juillet 2009, les femmes du groupement « Suxalli Jaboot » dans le centre social de Fass, lieu où elles tiennent leur réunion hebdomadaire. Nous avons découvert cette association grâce à M. Ndiaye, rencontré à Dakar, qui s'investit dans le milieu associatif en faveur des femmes. Leur accueil chaleureux et la présence de trois hommes qui nous traduisaient leurs propos a permis de tenir la réunion dans une bonne ambiance. La présidente et la secrétaire générale étaient absentes mais nous avons pu quand même découvrir ce groupement.

Date de création et organisation

Les membres du GIE "Suxalli Jaboot"

     Créée officiellement le 19 juin 2008 après une année de démarche administrative, cette jeune association avait enfin créé son réseau de femmes de façon plus informelle depuis deux ou trois ans. Désormais l'association a une présidente, une secrétaire générale et une trésorière générale.

     De connaissance en connaissance, ces femmes, de tout âge et toute provenance, ont réussi à s'organiser sur tout Dakar en un groupement plus important que le niveau d'arrondissement de commune de Dakar. Les contacts entre les femmes se faisaient sans réelle structuration. Leur nouveau statut va leur permettre de structurer leur groupement et d'officialiser leur mouvement notamment afin d'obtenir des subventions ou des financements.

     L'association s'est donc constituée en regroupant des GIE des dix-neuf communes de Dakar. Chaque commune possède sa représentante qui assiste à la réunion hebdomadaire du jeudi dans le centre social de Fass. Chaque localité possède ses propres activités, mais le but de l'association est de créer un réseau afin de pouvoir partager les informations et ainsi améliorer leurs actions notamment au niveau de la vente de leurs produits ou en proposant des formations.

     Ce groupement est aidé pour le moment par des hommes. Ils encadrent le mouvement et sont à l'origine de la structuration en association.

Activités génératrices de revenu

     Chaque groupement dans les communes de Dakar a des activités spécifiques qui tiennent compte des particularités du quartier, des femmes présentes et des moyens à disposition. Toutes ces activités sont des AGR. Ainsi certaines femmes s'occupent de la transformation de céréales ou de produits halieutiques, d'autres de couture, crochet, poterie, fabrication d'encens. Certains groupements sont spécialisés dans le micro jardinage ou la commercialisation des denrées.

     Cependant chaque femme a la possibilité d'apprendre à travers des formations les activités qui se font dans d'autres groupements. Ainsi de nombreuses femmes ont été formées au micro-jardinage ce qui leur permet d'avoir quelques légumes sur leur balcon et de pouvoir les vendre ensuite.

Des activités particulièrement développées

Le micro-jardinage

Menthe cultivée dans des bacs

     Le micro-jardinage est une activité particulièrement intéressante pour les femmes de Dakar. En effet, elles peuvent cultiver quelques plantes dans un espace très réduit, sur un balcon par exemple. Les bacs contenant les plantes sont construits grâce à des palettes et à un plastique que l'on étale et remplit de terre qui sert à garder la terre et l'eau.

     Dans ces bacs se trouvent des cultures différentes selon le mois (tomate, piment, basilic, menthe, salade,…). Les récoltes ont deux utilisations possibles : autoconsommation ou vente sur les marchés locaux. Au sein de l'association de nombreuses femmes ont ainsi leur propre bac de jardinage.

La teinture et la couture

Femme s'occupant de la teinture sur tissu

     La teinture est une autre activité assez répandue au Sénégal et proposée par les femmes de ce groupement. Celles-ci achètent le tissu blanc, les colorants, les produits pour fixer les couleurs et créent les motifs. L'essentiel de cette activité est de trouver des motifs originaux et beaux pour pouvoir ensuite les vendre sur les marchés. Ainsi la teinture sur bazin leur permet d'avoir une activité qui leur fournit un revenu.Elles reçoivent aussi des commandes spécifiques auxquelles elles répondent.

     En plus de la teinture, le groupement a aussi des activités de couture et de crochet qui fabriquent des tuniques (pour les hommes), des robes.

Problèmes rencontrés

     Le manque de capital propre est le principal problème de ce groupement. En effet avec un peu d'argent, les femmes pourraient améliorer leurs activités. Par exemple, les femmes s'occupant de la transformation de céréales déplorent le manque de matériel. Avec celui-ci, elles pourraient conserver plus longtemps leurs produits que l'humidité abîme. Elles voudraient aussi remplacer leur emballage en sac en plastique contre quelque chose de plus joli pour attirer plus de clients car elles sont conscientes que la vente passe aussi par l'attirance du produit.

     Le caractère pour le moment très informel de leur mode d'organisation ne leur permet pas d'obtenir des financements. Il leur faut aussi ouvrir un compte au Crédit Mutuel. Les démarches en ce sens sont en train d'être menées avec l'aide des hommes qui ont participé à la structuration du mouvement.

     Leur manque de compétence en technique de gestion et en informatique est aussi un frein pour leurs activités. Ainsi il arrive parfois que une partie de leur stock (notamment les ressources halieutiques) soit perdue à cause d'une mauvaise gestion et d'un manque de moyens pour conserver leur produit (réfrigérateur par exemple). De plus certaines femmes ne sont pas alphabétisées ce qui est un handicap dans leurs activités.

Espoirs et perspectives d'avenir

     La récente officialisation du groupement va permettre de créer une structure verticale à l'organisation et ainsi améliorer en coordinant leurs activités. Cela va aussi donner la possibilité de solliciter des formations et des financements pour les femmes.

     Les femmes cherchent aussi à se doter d'un siège car pour le moment elles se réunissent dans le centre social de Fass. Elles voudraient aussi pouvoir avoir une permanente qui s'occuperait de coordonner les actions, d'obtenir des informations, de créer de nouveaux partenariats et d'agrandir le réseau de femmes. En effet elles souhaiteraient réunir le plus de groupements de femmes possibles, de tout le Sénégal, au sein de leur structure afin d'échanger et de collaborer pour faciliter le commerce de leurs produits.

Appui et partenariat

     Le groupement a des liens avec un GIE de Kolda. Cela leur permet d'avoir ainsi une plateforme internationale pour vendre leurs produits car Kolda est une région où transitent des marchandises pour la Gambie, la Guinée-Bissau et la Guinée-Konakry.

     Cependant compte tenu de la jeunesse de l'association et de son caractère informel avant, le groupement n'a pas encore d'appuis financiers extérieurs (Etat ou ONG) ni de partenariats précis. C'est aussi pour cette raison que le groupement est en train de se structurer.

     Courants de Femmes a fourni à ces femmes une formation à la bureautique de base et aux techniques de gestion qui leur permettra, une fois le matériel acquis, de pouvoir se servir d'ordinateurs et de gérer leur stock.

Cette page a été réalisée par les membres de l'association Courants de Femmes.