Groupement de femmes : « Tacou Liguey » (« S'unir pour travailler »)

  • Ldieulbert 1
    Sénégal
  • (221) 973 10 23
  • Dernière rencontre : Novembre 2003

     Trois femmes de Tacou Liguey sont venues nous rendre visite au centre d'accueil du Redibe : la présidente, Mme Dior Fall, la secrétaire générale, Mme Astou Mbow et une autre membre du groupement. Elles ont parcouru les 400 mètres qui séparent leur village de Baba Garage pour nous rencontrer.

     Le groupement existe depuis une dizaine d'années et compte aujourd'hui plus de quatre-vingt femmes. Pratiquement toutes les femmes du village de Ldieulbert1 en font partie. Il est réservé aux mères de famille et a pour but d'améliorer la vie de la collectivité.
Il existe aussi dans le village un groupement d'hommes dont le but est d'aider les hommes à entretenir leur famille car « c'est leur devoir », d'après les femmes du groupement.

Activités

     Ce groupement de femmes a pour activités principales la teinture, le commerce et l'élevage. Elles aimeraient aussi pouvoir faire de l'agriculture et du maraîchage mais manquent de moyens financiers pour développer ces secteurs d'activité. Une des femmes du groupement a suivi une formation en teinture, financée par une ONG internationale, et a ensuite fait bénéficier les autres membres de ses connaissances.
Les produits de leurs diverses activités sont ensuite vendus sur les marchés hebdomadaires de la région, et principalement à Baba Garage. Les bénéfices permettent ensuite aux femmes d'améliorer la vie de leur village. Pour le moment, elles ont pu acheter des ustensiles de cuisine pour préparer les fêtes du village ainsi que du matériel permettant de tenir des réunions dans le village (tables, chaises…).
Les femmes de ce groupement souhaiteraient gagner assez d'argent pour construire une école, un moulin ou un télécentre car pour le moment, les enfants de Ldieulbert1 doivent se rendre à l'école de Baba Garage ainsi que toutes les personnes voulant téléphoner ou recevoir un appel.
Une des membres du groupement a suivi une formation en alphabétisation organisée par la Banque Africaine de Développement. Le groupement a pris en charge les frais liés à la formation (transport jusqu'à Bambay et indemnités) et organise aujourd'hui les cours d'alphabétisation pour ses membres.

Financements

     Le groupement a obtenu un prêt de 1 985 000 F CFA du Programme des Nations Unies pour le Développement pour un projet l'embouche ovine. Après le remboursement du prêt, les excédents ont été réinvestis dans d'autres projets. Le PNUD intervient dans cette région car c'est la troisième la plus pauvre du Sénégal.

     Depuis la fin de ce projet, le groupement n'a pas obtenu d'autres financements et n'a donc pas pu mener de nouveaux projets.

     L'association est membre du Redibe ainsi que certains de ses membres à titre personnel. Le groupement dispose également d'un compte à la Mutuelle d'Epargne et de Crédit de Baba Garage, mise en place par le REDIBE.

Groupement de femmes : « Bokk Jom » («  Unité et partage »)

  • Ldieulbert 2
    Sénégal
  • (221) 973 10 79
  • Dernière rencontre : Décembre 2003

     Venant à pied depuis Ldieulbert 2, trois femmes de Bokk Jom sont arrivées un soir au centre d'accueil du REDIBE : la trésorière, la secrétaire générale ainsi que la présidente du Groupement de Promotion Féminine.
Le groupement existe depuis 1998 et compte plus de trente femmes.

Démarrage de l'activité

     Les cotisations mensuelles de 100 F CFA ont permis d'accumuler un capital de 52 000 F CFA, nécessaire à l'obtention des papiers délivrés par le Tribunal régional de Diourbel et établissant la reconnaissance administrative du GIE (récépissé, registre de commerce).
Aujourd'hui, l'appartenance au groupement est toujours soumise à une cotisation mensuelle de 100 F CFA qui a notamment permis de développer les activités commerciales du GIE.
Le commerce représente en effet le domaine d'intervention privilégié de « Bokk Jom » : les femmes achètent à Baba-Garage des denrées alimentaires et les revendent à Ldieulbert 2.

Financements extérieurs

     Après quelques mois d'activité, le groupement a obtenu un prêt de 2 500 000 F CFA du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour l'embouche bovine. Ce projet a permis de dégager des bénéfices, après remboursement du prêt, d'un montant de 500 000 F CFA. Ces bénéfices ont favorisé la relance du commerce.
Un autre prêt, de 1 500 000 F CFA, a été accordé par la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA) pour poursuivre le développement du commerce.
A chaque fin de mois, le groupement procède à l'achat du stock et ravitaille les maisons du village, l'inconvénient étant qu'il n'existe pas de magasin pour stocker les marchandises.

Objectifs

  • Assurer l'autonomie du village de Ldieulbert 2 ;
  • Favoriser l'entraide et la solidarité au niveau local ;
  • Renforcer la cohésion du village.

Activités

     Outre le commerce de denrées alimentaires et de tissus teints par les femmes de Book Jom, le groupement de promotion féminine participe aussi à des activités d'arboriculture. Il cultive essentiellement des manguiers. Cependant, le développement de cette activité est freiné par l'absence de grillage et le manque de sécurité. Il est nécessaire d'employer deux ou trois personnes par jour pour le gardiennage et de construire une clôture.
Par ailleurs, une des femmes du groupement a suivi une formation en alphabétisation dispensée par le FIDA, Le Fonds International de Développement Agricole, ONG Sénégalaise. Depuis, elle organise des classes d'alphabétisation dans son village auprès des femmes de Book Jom, toujours subventionnées par le FIDA.
Le groupement se heurte également à d'autres difficultés, telles que l'absence d'électricité dans le village, à l'exception d'un groupe électrogène, utilisé pour l'éclairage public et non pour les activités du groupement.
De plus, chaque lundi, plusieurs femmes du groupement nettoient la place publique.

     Les bénéfices tirés des activités ne sont pas redistribués aux membres du groupe mais réinvestis dans le groupement de façon à maintenir son activité et à éviter son démantèlement.
Le groupement, unique dans le village et regroupant quasiment toutes les femmes, se réunit le 5 de chaque mois pour faire le point sur les activités, dégager des perspectives d'évolution.
Elles disent subir un contrôle extérieur de leur activité dans la mesure où leurs maris assistent souvent à ces réunions et soulèvent certains problèmes. Les ONG qui leur accordent des prêts évaluent parallèlement leur travail.

     Il existe également à Ldieulbert 2 un groupement d'hommes qui possède un champ d'arachides et de maïs exploité pour acheter le carburant nécessaire au fonctionnement du groupe électrogène et pour prendre en charge le télécentre.

Groupement de promotion féminine de Ndary Diop

  • Ndary Diop - Communauté rurale de Baba Garage
    Sénégal
  • (221) 973 10 79
  • Dernière rencontre : Décembre 2003

     Nous avons rencontré M. Moussa Guèye, photographe et archiviste du Redibe, et conseiller auprès du groupement de promotion féminine de son village de Ndary Diop.
Présidé par Anta Diouf, le groupement existe depuis 1991 et rassemble aujourd'hui 80 femmes.

Principales activités

     Les femmes du groupement possèdent un terrain maraîcher et gèrent également un moulin à mil. Les recettes du moulin sont divisées en quatre parts : deux parts pour alimenter le compte du GIE à Bambey, une part pour rémunérer le meunier, une part pour les réparations et les amortissements. Moussa Guèye explique que ce moulin ne permet pas de réaliser des bénéfices conséquents, si ce n'est en termes de gain de temps pour les femmes qui voient leur travail allégé.
Cependant, leurs activités sont principalement centrées sur l'embouche bovine. En 2000, le PNUD, qui a ciblé la région de Baba Garage, leur a accordé un prêt de 4.025.000 F CFA. L'emprunt a été remboursé dans son intégralité à la fin de 2003, mais n'a laissé que de très faibles bénéfices en raison de pertes liées à la maladie ou à la disparition de têtes de bétail.

Projet

     Situé à 4 km de Baba Garage, Ndary Diop n'a pas de boutique pour permettre à ses habitants de se ravitailler. Pour les femmes du groupement, il devient donc indispensable de tout faire pour mettre en place une boutique, un petit commerce pour à la fois vendre et stocker des produits de la vie quotidienne : riz, huile, sucre, cubes Maggi, savon, café, farine, sel...

Cette page a été réalisée par les membres de l'association Courants de Femmes.